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Les figuiers

Qu’est-ce qu’un figuier ?

Un peu d’histoire  Le figuier -Ficus carica- existe à l’état spontané dans toute l’Afrique et ceci jusqu’en Extrême Occident, les botanistes en ont trouvé dans les endroits les plus reculés des îles Canaries. On le trouve en Afrique du Nord dans les oasis sahariennes et de l’Afghanistan au Bélouchsitan, jusqu’au pied du Caucase. Il était déjà cultivé au Proche-Orient 5’000 ans av. J.-C.     Sa sexualité est compliquée, mêlant dans une intrication subtile un petit insecte insignifiant nommé blastophage à une fleur mystérieuse qui se cache aux regards.

 Originaire de Perse et d’Asie Mineure, et nommé ainsi -Ficus carica- parcequ’il venait de Carie, au nord-ouest de l’Asie Mineure.

 Mgyz des Perses, Erinos des Grecs, Teb des Egyptiens, Caprificus des Romains. Le figuier régala les Egyptiens, les Hébreux, les Perses, les Romains avec ses fruits frais ou séchés. Au VIIe siècle av. J.-C., les Grecs l’introduisirent chez eux depuis la Perse ou la Crète. En Crète et en Grèce, la figue sèche était appelée sykon, et la figue fraîche olynthos. Introduite en France par les Romains, elle fut abandonnée ensuite et réintroduite au XIVe siècle. Louis XIV demanda à son célèbre jardinier, La Quintinie de l’acclimater dans son potager, ce que ce dernier fit dans le « quarré 27 » ainsi que dans des caisses mobiles en bois et traités comme des orangers, placés en orangerie durant l’hiver.

 Si les missionnaires ont en fait un arbre impur, il faut rendre au figuier son innocence des premiers temps, quand le dieu des jardins s’appelait Priape, et que l’arbre de Dionysos (son père) était un figuier.

Un peu de botanique

 Ficus carica, le figuier commun, est l’un des seuls arbres, avec l’amandier à perdre ses feuilles en hiver dans la région méditerranéenne. Il mesure en général 3 à 5m de haut, mais peut culminer à 10-12m en régions favorables à son développement. De la famille des Moracées, il est cousin de nos Ficus d’appartement dont ce seul genre comprend environ 700 espèces! Le type sauvage est appelé caprifiguier, ou figuier mâle,

Ficus_carica_caprifiguier_male

très répandu dans le monde, il se retrouve sous plusieurs noms: Ficus persica, Ficus virgata, Ficus serrata, Ficus palmata. De ces différentes espèces, et après de multiples hybridations les variétés cultivées actuelles ont fait leurs apparitions.

 Son système racinaire, très vigoureux, lui permet d’aller chercher toute l’eau dont il a besoin et explique son adaptation dans des endroits apparemment secs. Ses feuilles sont caduques et détail amusant; si la Bible nous propose la feuille de figuier comme premier atour vestimentaire et non la feuille de vigne, quelque peu plus petite! Force est de constater que cette feuille râpeuse est plus abrasive que seyante ! Ses fleurs très particulières sont en fait enfermées dans une inflorescence appelée sycône et cachées au fond de leur réceptacle en forme d’urne; elles n’exercent aucun attrait particulier sur les insectes pollinisateurs. Ainsi le figuier paraît ne jamais fleurir, puisque ses fleurs sont les fruits que nous mangeons. C’est en quelque sorte une mûre à l’envers (fruit du Morus, de la même famille des Moracées que le figuier).

 Il est assez difficile d’évaluer l’âge d’un figuier car les plus anciens vivants sous nos climats (petit rappel: nous sommes en Suisse) ont gelé en 1956, 1985 et gèleront probablement à nouveau; ce qui ne les empêchent pas de repousser et quelques trois à quatre ans plus tard, de refaire des figues! Les jeunes branches sont endommagées à partir de -8° et les branches plus âgées à partir de -12°, -15°; seules les racines résistent, ce qui permet aux figuiers de repartir de plus belle. Une exposition sud, sud-ouest est à privilégier ainsi que le fait d’être à l’abri de la bise (vent sec et froid venant du nord, nord-est en Suisse).

Dans notre Jardin des Senteurs Deux splendides figuiers ornent l’entrée de notre jardin, plantés dans les années 1930 par mon grand-père Henri Détraz. C’est tout naturellement qu’il y a quelques années déjà, je débutais une petite collection de figuiers. Forte maintenant d’une centaine de variétés dont seulement une vingtaine peuvent être plantées sans problèmes sous notre climat; c’est aussi volontiers que je vous conseillerai dans le choix d’une variété, en fonction de votre lieu d’habitat, situation et envies de fruits! Je vous donnerai bien sûr mes préférées mais j’ai de la peine à me décider entre une dizaine de variétés de ma connaissance et celles que je ne connais pas encore … Mes préférences étant données à celles qui sont bien juteuses et sucrées, blanches ou violettes, longues ou rondes; beaucoup possèdent ces qualités et l’essentiel sous notre climat non méditerranéen est de les placer judicieusement afin qu’un maximum de figues arrivent à maturité.

Deux points essentiels à respecter :  altitude maximale 700m et à l’abri de la bise; tout autre endroit est à considérer comme … expérimental en Suisse romande (hormis le Valais!)                                                

 Pour des renseignements plus poussés et si vous passez près d’Orange (France), ne manquez pas de faire un petit détour par Vaison-la-Romaine, à la pépinière de Pierre Baud, grand spécialiste des figuiers qui possède une collection de plus de 300 variétés.

 Vous trouverez l’histoire des figuiers de manière plus complète dans les ouvrages suivants ainsi que de délicieuses recettes:

  • Le figuier; d’Alain Pontoppidan chez Acte Sud (1997)
  • Guide complet de la culture du figuier; de Geneviève Bouche chez De Vecchi (1999)
  • Figues; de P.Baud, R.Reichrath, R.Rosenau chez Target (2005)
  • Le figuier, pas à pas; de Pierre Baud chez Edisud (2007)
  • Figues de tous pays; de Peter Bauwens chez Edisud (2008)

 … et au Jardin des Senteurs, les fructifications 2015, dans l’ordre de précocité:

Eté chaud à 550m. d’altitude, les plus productives sont en gras.

  • 03 août, ‘Jardin des Senteurs’ (variété inconnue plantée par mon grand-papa dans les années 1930
  • 25 août, ‘Fiorone’
  • 28 août, ‘Croustillou’
  • 31 août, ‘Bécane’, ‘Dottato’, ‘Gold’, ‘Grise Olivette’, ‘Longue d’août’, ‘Mère Véronique’, ‘Morena’, ‘Nero Nostrano’, ‘Nordland’, ‘Pastilière’
  • 04 septembre, ‘Osborn Prolific’
  • 07 septembre, ‘petits fruits blancs’, ‘Califfo Blue’, ‘Mouissonière’
  • 09 septembre, ‘Miel du Portugal’
  • 10 septembre, ‘Peretta’
  • 18 septembre, ‘Abicou’, ‘Conadria’, ‘Contessina’, ‘Dorée’, ‘Goutte d’Or’, ‘Mouissone’, ‘Negronne’, ‘Nordland’ (appellation personnelle ‘Vincent’)
  • 21 septembre, ‘Brogiotto Nero’, ‘Gota di Mel’
  • 26 septembre, ‘Noire de Caromb’, ‘Tena’
  • 28 septembre, Bella Brunetta’, ‘Brown Turkey’, ‘Col de Dame noir’, ‘Gelb’, ‘Marseillaise’, ‘Preciosa de Dalmatie’
  • 05 octobre, ‘Amatrice Casale’
  • 09 octobre, ‘Violette de Soliès’
  • 12 octobre, ‘Ariane’
  • désolé, j’en ai oublié quelques-unes !… les récoltes se sont prolongées jusqu’à mi- novembre à raison de 3-5 semaines par variété. Année 2015 exceptionnellement chaude !

Fructifications 2016:

  • 08 août, ‘Nordland’, ‘Jardin des Senteurs’
  • 09 août, ‘Jannot’
  • 15 août, ‘Filaciano’
  • 18 août, ‘Negrette’
  • 03 septembre, ‘Mère Véronique’, ‘Morena’
  • 11 septembre, ‘Moissonière’, ‘Miel du Portugal’, ‘Nero Nostrano’
  • 13 septembre, ‘Dottato’, ‘Pastilière’
  • 16 septembre, ‘Dorée’, ‘Gold’, ‘Fiorone’, ‘Marseillaise’, ‘Ronde de Bordeaux’
  • 03 octobre, ‘Grise Olivette’
  • 20 octobre, ‘Conadria’, ‘Nordland’, ‘Ronde de Bordeaux’
  • 28 octobre, ‘Peretta’ en grande quantité

Fructifications 2017, année bizarre car très précoce, puis nulle en juillet-août, probablement dû au chaud et au manque d’eau :

  • 27 juin, ‘Fiorone’
  • 5 juillet, ‘Sultane’
  • 13 juillet, ‘Peretta’
  • 17 juin, ‘Gota di Mel’, ‘de Marseillle’, ‘Negronne’, ‘Contessina’, ‘Rosetta’, ‘Bella Brunetta’, ‘Goutte d’Or’, ‘Dauphine’, ‘Gold’, ‘Noire de Caromb’, ‘Jannot’
  • 24 juillet, afganistanica (magnifique, chair excellente mais intérieur sec !)
  • 25 août, ‘Marseillaise’
  • 28 août, ‘Hardy Chicago’, ‘ Moissonière’

Les verveines

Les verveines

Aperçu de quelques genres et espèces de Verbénacées aromatiques, utiles ou médicinales et leurs utilisations diverses  
par Frédéric Sanchez

1. Généralités

La famille des Verbénacées est une famille de plantes dicotylédones, qui comprend classiquement plus de 90 genres. Cependant, les dernières recherches phylogénétiques ont réduit la taille de cette famille au profit des Lamiacées, dont les caractéristiques sont souvent très proches des Verbénacées, qui ne comprend plus à présent que les genres suivants :

 Acantholippia, Aloysia, Baillonia, Bouchea, Casselia, Castelia, Chascanum, Citharexylum, Coelocarpum, Diostea, Dipyrena, Duranta, Glandularia, Hierobotana, Junellia, Lampayo, Lantana, Lippia, Nashia, Neosparton, Parodianthus, Petrea, Phyla, Priva, Recordia, Rehdera, Rhaphitamnus, Stachytarpheta, Stylodon, Tamonea, Urbania, Verbena, Verbenoxylum, Xeroaloysia, Xolocotzia.

Pour des raisons pratiques (bibliographiques notamment), je me suis basé sur la classification taxonomique classique, se référant aux critères morphologiques, et non phylogénétiques. On trouve parmi ces genres des arbres, des lianes, des arbustes et des plantes herbacées. Leur répartition est surtout centrée sur les domaines équatoriaux, tropicaux et subtropicaux, mais on trouve des Verbénacées dans le monde entier, à l’exception du nord et du centre de l’Eurasie. En Suisse, la seule espèce répertoriée est Verbena officinalis L.. On trouve en plus en Europe les genres Vitex, Lantana et Lippia. (Voir la clé de détermination)

Les Verbénacées sont largement utilisées dans les régions où elles poussent, et ce à des fins très diverses, en tant que plantes médicinales, ornementales, aromatiques ou encore comme bois de construction.

2. Caractéristiques botaniques des Verbénacées

Les Verbénacées se caractérisent par une corolle à 4 ou 5 lobes plus ou moins inégaux, 4 étamines, dont 2 plus longues, aux filets insérés sur le tube de la corolle. Le pistil est composé d’un ovaire qui peut être divisé en 2 ou 4 loges, et d’un style terminal portant 2 stigmates, parfois soudés. Le calice, persistant après floraison, présente 2, 4 ou 5 divisions. Le fruit est une capsule qui peut soit rester fermée, soit s’ouvrir en 2 ou 4 parties à maturité. Il est charnu extérieurement avec un noyau divisé en 4 loges. Les feuilles sont opposées ou verticillées et les fleurs sont de couleur bleu, lilas, rose ou blanchâtre.

Verbénacées et Lamiacées

Verbénacées et Lamiacées sont 2 familles très proches, et il n’est pas surprenant de voir des genres passer d’une famille à l’autre. Classiquement, les différences entre les 2 familles se résument comme suit :

Verbenaceae                                         Lamiaceae

-Préfloraison quinconciale de                – 2 pétales enveloppant les 3 autres

la corolle

-disque nectarifère non développé        – disque nectarifère développé

-style terminal                                        – style gynobasique

-placentation axile                                 – placentation subassilaire

-fruit drupacé                                         – tetrakène

Il faut toutefois se méfier de ces critères. Premièrement, comme on l’a vu, la nouvelle classification ne les admet plus comme critères valables de différentiation. De plus il existe de grandes variations par rapport  à ces critères, qui font une identification certaine difficile. Ainsi, la Verveine officinale à une placentation subassilaire et un fruit tetrakène. Elle pourrait ainsi être facilement assimilée à une Lamiacée…

3. Principaux genres et espèces de Verbénacées utiles, aromatiques et médicinales

Le genre Aloysia Palau

Le genre Aloysia Palau comprend à peu près 30 espèces, leur distribution allant du sud des Etats-Unis au Nord de la Patagonie.

Aloysia triphylla (L’Hér.) Britt

 Noms vernaculaires : Verveine odorante, Verveine citronnelle, Cédron (Mexique)

Quelques synonymes botaniques : Lippia triphylla (L’Her) Kuntze, Aloysia citriodora Ortega ex. Pers.,

La Verveine citronnelle, ou Verveine odorante est probablement la Verbénacée la plus connue du grand public. Appelée communément  « Verveine », cette dénomination entretient une certaine confusion, pas seulement dans le grand public mais aussi chez certains herboristes, car la verveine odorante n’est pas une verveine au sens botanique du terme. Le genre Aloysia auquel elle appartient (elle est aussi parfois assimilée au genre Lippia)  se distingue du genre Verbena par le fruit drupacé à 2 graines, et non à 4 akènes, et par le calice à 4 sépales au lieu de 5. Elle est donc souvent confondue avec la verveine officinale (Verbena officinalis L.), plante commune de nos régions, qui peut aussi être utilisée en herboristerie mais dont le goût peu attrayant ne fait pas une plante très populaire. Il n’est donc pas surprenant de trouver parfois dans les herboristeries la verveine odorante vendue sous le nom de Verbena officinalis.

La Verveine odorante est originaire d’Amérique du Sud (Chili, Argentine, Pérou). Elle y pousse en général à des altitudes élevées (2000m. et plus). On en trouve aussi en Bolivie, en Colombie, en Equateur et au Pérou et il semble qu’elle soit naturalisée dans plusieurs régions à climat méditerranéen et tropical comme la Chine, le Kenya, le Maroc, l’Espagne, l’Australie,…

La Verveine odorante aurait été introduite en Europe à la fin du XVIIIème siècle voire au début du XIXème par des explorateurs espagnols. Ses feuilles au parfum de citron persistant l’ont rendue célèbre pour la confection de pots-pourris, et surtout dans les domaines de la parfumerie, la liquoristerie et l’herboristerie. Son utilisation principale reste la consommation en tisanes, principalement le soir. La verveine odorante était cultivée en France et était résistante au froid jusque vers Lyon.

Morphologie

La Verveine odorante est un arbuste vivace qui peut atteindre 5m. dans son aire d’origine, mais qui ne dépasse généralement pas 2m. dans les régions tempérées. Les feuilles vert clair, allongées, sont verticillées, en général par 3, parfois par 4, à pétioles très courts. Elles contiennent, sur leur face inférieure des glandes huileuses (trichomes sécréteurs), dégageant une odeur citronnée, un peu piquante. Les inflorescences forment des épis lâches, à petites fleurs blanches ou purpurines formées d’une corolle à 5 lobes égaux. Les fruits sont drupacés, à 2 loges contenant chacune 1 graine.

 Usages

 Propriétés médicinales :

Composition chimique : Les feuilles fraiches ou séchées contiennent une huile essentielle jaune clair, riche en citral et en flavonoïdes.

Propriétés pharmacologiques : La Verveine odorante est principalement consommée en tisanes, à raison de 4 ou 5 feuilles par tasse. Cette infusion a des propriétés digestives, antispasmodiques, et légèrement stimulantes, mais c’est principalement comme boisson d’agrément qu’elle est consommée, en général le soir.

En herboristerie on prescrit la Verveine odorante en décoction, à raison de 5 à 10g de feuilles pendant 10 min. à l’eau bouillante, pour traiter les indigestions, les flatulences, les gastralgies, la dyspepsie, les névroses, les céphalées, les troubles mineurs du sommeil, les bourdonnements d’oreille, l’asthénie, les vomissements de sang, les attaques cardiaques et épileptiques et les acouphènes. Boire 3-4 tasses par jour pendant 3 semaines au maximum.

Contre-indications : l’usage abusif de la Verveine odorante en infusion pourrait provoquer des troubles gastriques chez certains sujets.

En aromathérapie, l’huile essentielle est utilisée pour traiter les troubles nerveux et digestifs, l’acné et les ulcères.

 Autres usages :

Ornemental : la verveine odorante peut être utilisée comme plante de terrasse, en pot, et aussi comme haie de jardin dans les régions méditerranéennes.

Culinaire : On peut utiliser la verveine odorante pour la préparation de sorbets, crèmes, glaces et diverses pâtisseries. On peut aussi l’utiliser pour parfumer viandes et poissons. Elle est aussi utilisée en liquoristerie, par exemple dans la Verveine du Velay, emblème du patrimoine gastronomique de l’Auvergne.

Domestique : La verveine entre dans la confection de pots-pourris. Elle est utilisée traditionnellement au Chili comme anti-acarien et anti-puceron.

L’huile essentielle enfin était utilisée dans la parfumerie pour la confection d’Eaux de Cologne et de savons. Son prix élevé et des réactions photo sensibilisatrices  sur la peau certaines personnes font qu’elle n’est aujourd’hui plus guère utilisée.

Culture : La verveine odorante a besoin d’un sol bien drainé de préférence clair et à pH neutre, d’un climat chaud et d’une position ensoleillée. Elle est rustique en Europe jusque vers Lyon et dans certaines zones tempérées par la mer plus au nord (en Grande-Bretagne notamment). La multiplication peut se faire par éclats des pieds en automne ou par marcottage. Le bouturage est plus délicat et doit se faire de préférence au printemps, lorsque la sève monte, ou en automne, lorsqu’elle descend. Il faut bien arroser la plante en été pour éviter la perte des feuilles.

Autres espèces intéressantes du genre :

Aloysia polystachia (Griseb.) Moldenke (= Lippia polystachia Griseb.)

Nom vernaculaire: Te del burro (Argentine), Menthe argentine

Description : arbuste ligneux, généralement très ramifié, à feuilles généralement opposées, parfois alternes.

Usages : La menthe argentine est une plante assez couramment utilisée en Argentine, où elle entre dans la composition de nombreux mélanges de plantes médicinales. Elle est notamment efficace en cas de toux chronique. C’est aussi une tisane d’agrément fort appréciable, au goût mentholé avec une pointe de pamplemousse!

 Aloysia sonorensis Moldenke

Nom vernaculaire : mariola (Mayas)

Petit arbuste à feuilles grisâtres et aromatiques. Il semble qu’il soit endémique de la région de Sonora, au Mexique, abondant dans certaines régions mais généralement assez rare. Les indiens Mayas l’utilisent en cas de grippe, de fièvre ou de refroidissements.

 Le genre Lippia L.

Le genre Lippia a été dédié à  A. Lippi, botaniste-voyageur italien assassiné en Ethiopie. Il est caractérisé par un calice membraneux, à 2 angles longitudinaux en forme de carène, à 4 dents ou profondément divisé en 2. Le fruit se sépare à maturité en 2 parties, chacune contenant 1 graine. Les Lippias sont souvent des plantes aromatiques, couramment utilisées pour la médecine ou l’agrément dans les régions où elles poussent. Il existe plus de 200 espèces du genre Lippia

 Lippia dulcis Trevir.

 Synonymes botaniques : Phyla dulcis (Trevir.) Moldenke, Lippia mexicana G.L. Nesom

Noms vernaculaires : hierba dulce (Mexique), plante sucrée des Aztèques

 Description :

La Lippia dulcis est un petit arbuste semi-rampant originaire du Mexique. Les feuilles, membraneuses, sont ovales à deltoïdes, rugueuses sur le dessus et pubescentes dessous. Les fleurs sont blanches, réunies en petits capitules. Les feuilles et les fleurs on une saveur sucrée et camphrée, un peu piquante, très prononcée.

 Usages traditionnels :

L’utilisation de la plante remonte au moins à l’époque des aztèques. Au XVIème siècle déjà, l’espagnol Francisco Hernandez parle de sa saveur sucrée. Elle est surtout utilisée comme plante médicinale, pour soigner diverses toux et affections des bronches et comme emménagogue  Curieusement et en dépit du nom de « hierba dulce » que lui donnent les indigènes, on ne trouve aucune mention D’un usage traditionnel culinaire ou aromatique.

 Propriétés pharmacologiques :

On utilise la teinture concentrée de lippia dulcis pour soigner l’asthme et la bronchite chronique. C’est un sédatif des muqueuses post-nasales et des bronches, ce qui la rend efficiente pour calmer diverses sortes de toux.

Composition chimique :

Les principaux constituants de l’huile essentielle de lippia dulcis sont le camphre et la (+)-hernandulcine. L’hernandulcine est le constituant responsable de la saveur sucrée de la plante. Il semble qu’il existe 2 chémotypes différents de Lippia dulcis : le chémotype de Porto-Rico à forte teneur en hernandulcine et le chémotype mexicain à forte teneur en camphre. L’hernandulcine a un pouvoir sucrant entre 1000 et 1500 fois supérieur au sucrose, ce qui en fait un des édulcorants les plus puissants au monde. On a beaucoup discuté du potentiel de l’hernandulcine comme édulcorant industriel, mais un léger arrière goût et surtout l’instabilité chimique de la molécule compromettent fortement son développement. De plus, les plantes présentant de fortes teneurs en camphre se prêtent moins bien à l’extraction d’hernandulcine.

 Culture et propagation:

La Lippia dulcis requiert des conditions de vie semblables à Aloysia triphylla (voir plus haut). La multiplication peut se faire par boutures ou par marcottage. Dans les 2 cas, la reprise semble excellente (presque 100%).

 Lippia alba (Mill.) N.E. Br.

Synonymes botaniques: Lantana alba P. Mill., Lippia germinata Kunth, Phyla alba?

Noms vernaculaires : Prontoalivio (Colombie), Erva Cidreira (Brésil), Salvia Morada (Argentine), Valeriana (Mexique)

 Description :

Lippia alba est un arbuste pouvant atteindre jusqu’à 2 mètres. Les feuilles sont membraneuses, pétiolées fortement odorantes, à la saveur piquante légèrement citronnée. Les fleurs blanches sont réunies en capitules axillaires. La plante est cultivée dans les régions chaudes d’Amérique du Sud, du Mexique au Paraguay, principalement au Brésil.

 Usages traditionnels :

La Lippia alba est une plante médicinale utilisée principalement au brésil comme sédatif, antidépresseur et analgésique. Elle est utilisée par les indiens Mayas qui en font une décoction utilisée comme tonique contre les maux de tête, la tension et le stress.

 Composition chimique  et usages divers :

L’huile essentielle de Lippia  alba est riche en carvone (30-35%) et en limonène (env. 25%).

On peut l’utiliser en aromathérapie comme stomachique, digestif, antispasmodique, antiasthmatique ou encore pour lutter contre les hémorroïdes. Par ailleurs, des recherches sont actuellement en cours pour exploiter l’huile essentielle de Lippia alba comme correcteur d’arôme dans l’industrie alimentaire, pharmaceutique ou encore cosmétique.

 Culture et propagation :

La propagation de la Lippia alba se fait en général par boutures de tiges de 20-25 cm de long et 0,5 cm de diamètre. La reprise semble moins bonne qu’avec Lippia dulcis (- de 50%)

Lippia graveolens Kunth

Synonyme botanique: Lippia berlandieri Schauer

Noms vernaculaires:  orégano (attention, il semble que le terme d’orégano s’applique à plusieurs espèces differentes du genre Lippia, dont: L. palmeri, L. origanoides, et L.graveolens), origan du Mexique, yerba dulce ( n.b.: selon les auteurs, au Mexique, le terme de Yerba dulce est appliqué ausi bien à Lippia dulcis qu’à L. graveolens ), red brush.

 Description:

Arbuste pouvant atteindre jusqu’à 2 m. de hauteur, à feuilles oblongues ou elliptiques, larges de 2 à 4 cm., tomenteuses, à bords crénelés, fortement aromatiques (n.b.: graveolens signifie: à forte senteur). Inflorescences à 2-4 pédoncules, fleurs à corolle blanche. Fruits petits, contenus dans le calice. On trouve la plante dans le matorral désertique, épineux, xérophyle et subtropical. Elle pousse généralement entre 1700 et 2000 m. d’altitude.

 Usages:

Comestible: les feuilles aromatiques s’utilisent couramment en cuisine

Médicinal: utilisée comme abortif et antispasmodique. C’est un bon expectorant pour les problêmes d’asthme. La Lippia graveolens contient du thymol, du carvacrol, de l’isocaryophyllène. La plante est reconnue comme un tonique, un stimulant et un expectorant.

Pesticide-insecticide: On utilise l’huile de L.graveolens comme insecticide, pour lutter notamment contre les acariens des cultures et les parasites des abeilles mellifères.

 Lippia javanica (Burm.f.) Spreng

Noms vernaculaires: Fever tea, Lemon bush (anglais), Lemoenbossie (Afrikaans), umSwazi (Zulu), musukudu (Tswana).

Description:

Lippia javanica est un arbuste de plus de 2 mètres. Les feuilles, velues, sont fortement aromatiques, à l’arôme de citron. Les fleurs, blanches-jaunâtres sont réunies en petits capitules. La Lippia javanica est une plante originaire d’Afrique du Sud, où elle est assez répandue. Sa distribution s’étend vers le nord en Afrique tropicale.

 Usages :

La Lippia javanica s’utilise en infusion pour soigner la toux, la fièvre et les refroidissements. A petites doses, l’infusion est prise comme boisson de santé. Les infusions plus fortes traitent les maux spécifiques

 Principes actifs :

L.javanica contient une huile essentielle riche en  monoterpénoides (myrcène, caryophyllène, linalool,…), la proportion des divers constituants peut fortement varier d’une plante à l’autre. Les recherches pharmacologiques ont montré que l’huile essentielle avait un effet antiseptique et décongestionnant. Concernant les maux de tête et la fièvre, des études plus approfondies doivent être menées.

 Lippia multiflora Moldenke

Noms vernaculaires : Bahé (Poular-Guinée)

Description :

Plante vivace à tiges annuelles ou bisannuelles, pouvant atteindre 1 à 2m. Feuilles elliptiques finement dentées, souvent blanchâtres dessous. Feurs petites, blanches, en glomérules cylindriques, disposée en panicules corymbiformes. Fruit à chair jaune foncé, sucré. La plante pousse dans la zone soudanienne de la république du Tchad, mais aussi dans bien d’autres régions de l’Afrique tropicale humide.

Usages traditionnels :

Outre le fruit comestible, on utilise la plante pour ses propriétés médicinales. Au Tchad, le décocté de feuilles est bu contre le rhume ou pris en bain contre les courbatures. Les feuilles fraiches enfumées chassent les moustiques. Au Congo, on l’utilise comme thé conventionnel et au Ghana pour traiter l’hypertension artérielle.

 Propriétés pharmacologiques :

Des études ont été menées et ont montré que la plante était un sédatif, un relaxant musculaire et un antalgique efficace.

 Autres espèces intéressantes du genre

 Lippia scaberrima Sond : Appelée beukessboss ou encore mosukujane, Lippia scaberrima est une plante originaire d’Afrique du Sud. C’est un arbuste aromatique dont l’odeur se situe entre la lavande et l’eucalyptus, odeur due au lippianol qu’elle contient. Lippia scaberrima est depuis longtemps utilisée par les Tswana du Bostwana comme substitut de thé aux propriétés calmantes et relaxantes, ainsi qu’au Malawi et au Zimbabwe pour soigner la toux, l’asthme, la fièvre et les maux de tête. Les feuilles sont conditionnées (industriellement) comme le thé et on en prépare une infusion dénuée de caféine, à la saveur agréablement mentholée.

 Lippia palmeri S. Watson : Ce petit arbuste au feuillage dense et à petites fleurs blanches est récolté en grande quantité par les Mayas de San Antonio (Mexique) pour ses propriétés aromatiques. Les Mayas lui donnent le nom d’origan (orégano). Après broyage, les feuilles sont séchées une semaine au soleil.

 Lippia turbinata Gris. : Ce petit arbuste originaire des Amériques est  abondamment utilisé dans la médecine populaire argentine comme plante aromatique et médicinale. On lui donne le nom populaire de « Poleo » (attention : le terme « Poleo » désigne parfois d’autres plantes ayant des propriétés semblables). C’est une plante digestive, diurétique et emménagogue. Elle est reconnue comme une plante médicinale officielle de la Pharmacopée Nationale Argentine.

On peut encore citer…

  • Lippia integrifolia (incayuyo)
  • Lippia polystachia Griseb. (Voir Aloysia polystachia)
  • Lippia micromera aussi appelée thym d’Espagne ou origan du Costa Rica
  • Lippia nodiflora L. aussi appelée au Chili Yerba de la Santa Maria
  • Lippia callicarpifolia L.
  • Lippia pseudothea Schau.

Le genre Verbena

Caractéristiques botaniques du genre : tube du calice à 4-5 côtes longitudinales, corolle à 5 lobes un peu inégaux,  4 étamines renfermées dans le tube de la corolle. Fruit : capsule se séparant à maturité en 4 parties, contenant chacune 1 graine

 Verbena officinalis L.

Noms vernaculaires : Verveine sauvage, Herbe de sang, Herbe du foie, Herbe aux sorciers, Herbe aux enchantements

 Description :

Plante vivace de 35 à 80 cm., à fleurs lilacées-blanchâtres disposées en longs épis grêles, formant eux-mêmes une grappe terminale d’épis. Bractées plus courtes que les fleurs. Calice dressé, à 4 angles et 5 dents inégales. Tube de la corolle un peu courbé, dépassant le calice, à 5 lobes légèrement inégaux. Feuilles opposées, rudes, découpées  vers le bas de la plante et crènelées vers le haut.

La Verveine officinale est une plante très répandue dans nos contrées. On la trouve dans les décombres, les endroits incultes, au bord des chemins,…On la trouve rarement au-delà de l’étage montagnard, sauf exceptionnellement dans les Alpes.

 Composition et propriétés pharmacologiques : 

La Verveine contient un glucoside, la verbénaline (C17H25O10) et elle est reconnue comme plante amère, astringente, fébrifuge, vulnéraire et résolutive. Les feuilles sont utilisées en cataplasmes contre les pleurodynies et les céphalalgies.

 Histoire et symbolique :

Le terme de Verbenae désigne à l’origine les rameaux des plantes sacrées associées aux sacrifices chez les latins. Parmi ces plantes se trouvaient aussi l’olivier et le myrte. Il est donc difficile de dire si le terme de « Verveine » actuellement utilisé désigne bien la verveine de nos contrées. Quoi qu’il en soit, cette plante considérée aujourd’hui comme une vulgaire mauvaise herbe, était une des plantes les plus estimée des Anciens. Elle était portée en couronne par les ambassadeurs de paix, que l’on nommait « Verbeneri ». Le nom de « Verveine » proviendrait du celte « ferfaen », de fer (chasser ailleurs) et faen (pierre), en référence à son utilisation contre les calculs biliaires. Elle était aussi reconnue comme plante médicinale, notamment pour soigner les blessures provoquées par les armes en fer, d’où son nom allemand d’Eisenkraut.

La verveine est une plante magique, associée aux forces de la terre. Cela vient probablement du fait que, malgré son port frêle et modeste, la verveine est une plante solidement ancrée dans le sol et que l’on n’arrache pas facilement. Dirigée vers les profondeurs de la terre par la force de ses racines, arracher une verveine n’était pas un acte gratuit  à une époque où la croyance dans la théorie des signatures était encore forte, et il était accompagné de nombreuses prescriptions. Cette plante d’un monde « inverse » devait être approchée de préférence à reculons ; il fallait tracer un cercle autour de la plante avant de l’arracher, il fallait la bénir 7 fois avant de pouvoir l’utiliser…

Dans les mondes celtes et latins, la verveine était une plante associée à maintes superstitions, faculté qu’elle réussit à maintenir longtemps encore pendant l’ère chrétienne. On la prescrit presque toujours en réponse à des maux surnaturels : écarter le mauvais œil, éloigner la foudre, préserver de la fatigue,… elle est en outre une herbe de divination de premier plan.

Mais s’il est un domaine de prédilection pour la verveine, c’est bien celui des jeux de l’amour. La verveine est une plante associée à Venus-Aphrodite, déesse de l’amour, et elle est indispensable à la préparation des philtres d’amour. Attention ! Pour garantir leur efficacité, il faut prendre garde de respecter les rituels d’arrachage et les formules incantatoires à la lettre.

Verbena hastata L.

Noms populaires : Verveine hastée, Simpler’s Joy, Wild hyssop

 Description :

Plante vivace pouvant atteindre 1,5 m. à branches quadrangulaires. Les feuilles sont opposées, pétiolées, lancéolées et rugueuses et embrassantes. Les fleurs, bleues-violacées, sessiles, sont disposées sur des épis paniculés terminaux ou axillaires.

La verveine hastée est originaire d’Amérique du Nord où elle pousse au bord des routes où dans les prés gras.

 Usages :

La verveine hastée est principalement utilisée comme plante décorative (il existe un cultivar à fleurs roses) et pour ses propriétés médicinales. C’est principalement la racine qui est utilisée, mais aussi les feuilles. On utilise la teinture contre les irritations gastriques et elle est en général prescrite contre les refroidissements et aux convalescents. On peut aussi en faire une poudre à sniffer contre les saignements de nez.

 Propriétés pharmacologiques :

La verveine hastée est un remède tonique, émétique, expectorant, sudorifique, vermifuge et vulnéraire. En outre, des recherches sont en cours concernant son utilisation pour traiter l’épilepsie.

 Verbena urticifolia L.

Noms populaires : Verveine blanche, Verveine à feuilles d’ortie

 Description : plante vivace atteignant 25 cm

 Usages : mélangée à de l’écorce de chêne et bouillie dans du lait et de l’eau, la verveine blanche serait efficace contre l’Herbe à puces (Rhus radicans). L’infusion serait aussi un remède à l’intoxication par Rhus toxicodendron L.

 Quelques autres espèces du genre :

  •  V. bonariensis L.
  • V. bracteata Lag. & Rodr.
  • V. carolina L.
  • V. rigida Spreng.
  • V. stricta Vent.
  • V. tenera Spreng

La plupart de ces plantes sont utilisées comme plantes ornementales.

Le genre Vitex

Le genre Vitex contient plus de 480 espèces réparties en Asie, Amérique, Europe et Afrique.

Vitex agnus-castus L. : Noms vernaculaires : Gattilier, Gattelier, Herbe au poivre, Petit poivre, Agneau-chaste.

Description :

Arbuste de 1 à 2 m.. Feuilles opposées, à pétiole allongé, composées de 5 à 7 folioles unies en 1 point. Elles sont glabres et vertes dessus, cotonneuses et blanchâtres dessous. Fleurs disposées en petites grappes courtes, opposées formant une inflorescence allongée. Les fleurs sont bleuâtres, violacées ou blanchâtres à calice couvert de poils cotonneux et blanchâtres, à 5 dents ; corolle à 5 lobes inégaux, l’inférieur beaucoup plus grand que les autres. Fruit noir-rougeâtre, globuleux, de 3-4 mm. de diamètre, renfermant 4 graines. La plante entière dégage une odeur semblable au poivre.

Le Gattilier se rencontre dans les endroits humides, au bord des cours d’eau ou dans les régions maritimes, essentiellement dans la zone méditerranéenne. On le trouve aussi au nord de l’Afrique et en Asie centrale et du sud-ouest.

 Usages populaires :

Les rameaux servaient à faire des paniers ou à entourer les jarres. Les fruits peuvent être utilisés comme du poivre en assaisonnement. C’est aussi une plante ornementale.

Le nom d’agneau-chaste provient du fait que la plante était utilisée par les moines comme anaphrodisiaque, afin de réfréner leurs ardeurs sexuelles. Il semble que la plante était déjà utilisée pendant les fêtes athéniennes dédiées à la déesse Déméter. Les femmes y dormaient sur des couronnes de Vitex pour refréner leurs ardeurs sexuelles. Il semble pourtant que le Vitex soit généralement destiné aux hommes, mais son usage reste ambigu. Ainsi, au Maroc, il est tantôt vendu comme anaphrodisiaque, tantôt comme aphrodisiaque, et il y porte le nom de « graine de la perte ».

 Composition  et propriétés pharmacologiques :

Les feuilles de Gattilier contiennent une huile essentielle composée de cinéol et un sesquiterpène de l’acide palmitique. Le fruit contient une autre huile essentielle qui serait soporifique, voire stupéfiante à hautes doses, et un alcaloïde, la viticine. Le fruit et les sommités auraient une action antioestrogène, ce qui pourrait expliquer l’effet anaphrodisiaque, du moins chez les femmes.

 Autres espèces intéressantes du genre :

 Vitex negundo L. : Aussi appelé indrasura (boisson enivrante d’Indra). Contient des flavonoïdes à effet anti androgène et une huile essentielle. Médecine ayurvédique : contre la fièvre et les rhumatismes

 Vitex mollis Kunth. : Arbuste utilisé par les indiens Mayas comme plante décorative mais aussi pour ses fruits. Les feuilles prises en décoction, aideraient à remédier aux « douleurs du travail ».

 Vitex pubescens Vahl : Encens inébriant : graines de datura+vitex pubescens.

 Vitex trifolia L. : utilisé comme épice, contre la fièvre et comme emménagogue.

Vitex cannabifolia Sieb. & Zucc

Vitex incisa Lam.,

Vitex rotundifolia L.

Vitex pyramidata Rob.

 4. Autres genres et espèces intéressants de la famille des Verbénacées

 Avicennia sp. : Le genre Avicennia contient plusieurs espèces d’arbres de mangroves dans les régions tropicales et subtropicales. La racine de Avicennia officinalis L. est utilisée au en Inde comme aphrodisiaque. Le fruit peut être préparé en cataplasme. Avicennia africana P. Beauv., ou palétuvier blanc,  pousse, comme son nom l’indique, en Afrique et en particulier au Gabon où l’écorce est broyée pour préparer une pommade à base d’huile de palme utilisée contre la galle, les poux et les chiques. Elle sert aussi à tanner. Les graines servent aussi d’aliment de famine mais demandent une longue préparation pour être consommées sans danger.

 Lantana sp. : Le genre Lantana contient environ 80 espèces réparties  principalement en Amérique tropicale et subtropicale, mais aussi en Asie et en Afrique. Généralement arbustes, parfois arbrisseaux, à feuilles opposées ou verticillées par 3. Inflorescences en épis cylindriques ou capituliformes. L’espèce la plus connue du genre est Lantana camara L.. Ce buisson largement répandu dans les régions tropicales et subtropicales d’Afrique et d’Amérique est souvent prisé des horticulteurs pour ses fleurs en  forme de capitules jaunes et oranges. L’espèce est aussi utilisée dans plusieurs médecines traditionnelles. Les Mayas font bouillir la racine et boivent la décoction pour soigner les problèmes de reins. Le thé fait avec les branches est bu en cas de piqures de scorpions. La plante est diaphorétique et stimulante.

Une autre espèce, Lantana pseudo-thea Schauer est utilisée au Brésil comme substitut de thé. Le fruit est en outre comestible. Il existe en outre plusieurs autres espèces de Lantana (L. nivea, L. mixta,…) utilisées comme plantes ornementales pour la diversité de couleur de leurs fleurs.

 Tectona grandis L. : Tectona grandis est un grand arbre originaire des Indes et du Siam. Son bois dur est imputrescible l’a rendu célèbre dans le monde entier, et il est communément appelé teck. Sa dureté et sa durabilité en ont fait un bois de premier choix pour la construction de bateaux. C’est aussi le bois le plus prisé pour confectionner des meubles de jardin et son exploitation intensive dans les zones tropicales et équatoriales a été fortement médiatisée. Aujourd’hui beaucoup de teck provient d’arbres de plantation. Outre le bois, les feuilles, au goût amer, acidulé et astringent, sont utilisées contre le choléra. Les fleurs aussi sont réputées pour avoir des propriétés diurétiques.

N.b. : le teck africain provient d’un autre arbre de la famille des euphorbiacées : Oldfieldia africana.

 Stachytarpheta jamaicanensis Vahl. : Originaire des Indes et d’Amérique du Sud, la plante est utilisée comme tonique et diaphorétique. Le jus est purgatif, les feuilles sont utilisées en cas de fièvre et la racine est emménagogue. En usage externe, elle s’utilise comme l’Arnica. On peut aussi en faire un substitut de thé.

 Nashia inaguensis Millsp : Arbuste pouvant atteindre 2 m. de haut, passablement ramifié, originaire de l’est des caraïbes, et en particulier de l’île d’Inagua, dans les Bahamas, se laquelle vient son nom. Cette plante est aussi appelée « Moujean tea » et on la trouve parfois chez les spécialistes en plantes aromatiques. Quelques rameaux en décoction dans de l’eau bouillante et on obtient une boisson au goût délicieusement raffiné.

 Phyla sp.

Le genre Phyla Lour. (en anglais : fogfruit) est souvent apparié au genre Lippia L.. Ils sont même généralement considérés comme des synonymes. Le genre Phyla contient officiellement 11 espèces réparties dans les régions tropicales et subtropicales. On peut citer parmi celles-ci : Phyla canescens (Kunth) Greene, Phyla cuneifolia (Torr.) Greene, Phyla dulcis (Trevir.) Moldenke (=Lippia dulcis Trevir.), Phyla lanceolata (Michx.) Greene, Phyla nodiflora (L.) Greene, Phyla alba,…

 Clé des espèces

 1. Vitex L.

Vitex agnus-castus L. (sud de l’Europe)

 2. Lantana L.

Lantana camara L. (pl. tropicale et subtropicale, naturalisée aux Açores, parfois en méditerranée)

 3. Verbena L.

  • Flles dentelées ou en dent de scie, sessiles, embrassant la tige ; épis très denses.
  • Bractées nettement plus longues que le calice ; épis en panicule lâche

rigida

  • Orig. : Argentine et Brésil. Naturalisée aux Açores
  • Bractées égales ou inférieures au calice ; épis denses et sessiles

bonariensis

  • Orig. : Argentine, Brésil. Naturalisée à l’ouest de l’Europe
  • Au moins les flles inférieures profondément incisées, 1-2 pennatiséquées, pétiolées ; épis longs et fins se relâchant
  • Tige rugueuse sur les angles, normalement dréssée ; épis 10-25 cm.

officinalis

Pl. cosmopolite

Tige garnie de poils ou soies longs et raides, rampante ; épis jusqu’à 8cm   supina

Sud de l’Europe, sud de la Hongrie

4. Lippia

  • 1 arbuste de 3-6 m. ; inflorescence en panicule ou en épis long et fin

triphylla

  • localement naturalisée dans la région méditerranéenne
  • plante herbacée de 15-30 cm., parfois ligneuse à la base ; inflorescence en épi court et solide
  • fleurs blanches ; calice lobé jusqu’à la base ou presque

nodiflora

  • zones grasses et mouillées, au bord de la mer
  •  2 Fleurs lilas ; calice lobé pas plus loin que la moitié

canescens

  • parfois naturalisée au sud-ouest de l’Europe

 

Eléments de bibliographie

BELLAKHDAR J.

1997.-La Pharmacopée marocaine traditionnelle.-764 p.-Ibis Press

BONNEVAL  (de) Patrice

1999.- L’Herboristerie.-416p.-Editions DésIris

BONNIER, Gaston

1934.-Flore complète de France Suisse et Belgique illustrée en couleurs, tome 9.- Paris

BRUNETON Jean

1993.-Pharmacognosie : phytochimie, plantes médicinales.-916 p.-Editions Lavoisier Tech. & Doc.

DRAGENDORF Georg

1898.-Die Heilpflanzen der verschiedenen Völker und zeiten, 884 p. – Stuttgart, Verlag von Ferdinand Enke

Flora Europaea Cambridge University Press 1964

HUBERT G.

1921.- Des Verbénacées utilisées en matière médicale.-128 p. – Mayenne : Imp. Lechevrel

LIEUTAGHI  Pierre

1998.-La plante compagne. Pratique et imaginaire de la flore sauvage en Europe occidentale.-299p.-Arles.-Actes Sud

VAN WYK Ben Erik ,VAN OUDTSHOORN Bosch, GERICKE Nigel

1997.-Medicinal plants of South Africa.-304 p. –Briza Publications

YETMAN David, VAN DEVENDER Thomas R.

2002.- Mayo Ethnobotany. Land, History, and Traditional Knowledge in Northwest Mexico. 359 p.-Berkeley: University of California Press

Internet :

Le site du department federal de l’agriculture américain. Base de données sur les plantes sauvages :

http://plants.usda.gov/index.html

Caractéristiques morphologiques des Verbénacées et d’autres familles de plantes :

L. Watson and M.J. Dallwitz (1992 onwards). The families of flowering plants: descriptions, illustrations, identification, a http://plants.usda.gov/index.htmlnd information retrieval

 Rapport de stage au Jardin des senteurs dans le cadre du bachelor of sciences en ethnobiologie

J’ai effectué un stage de 9 semaines au Jardin des Senteurs, entreprise spécialisée dans la production de plantes aromatiques et médicinales, à Neuchâtel, et ce sous la direction de Philippe Détraz, horticulteur à Neuchâtel. Ce stage entrait dans le cadre de ma formation en ethnobiologie à l’Université de Neuchâtel. D’une valeur de 12 crédits ects, l’accomplissement de ce stage me permet de terminer mon premier cycle de formation (bachelor). J’ai effectué mon stage du 17 juillet au 15 septembre 2006.

Mon temps de stage au Jardin des Senteurs a été divisé en deux parties. Une première partie de mon travail constituait en une contribution aux travaux du jardin. Le but était ici d’acquérir une expérience pratique du métier d’horticulteur, se rendre compte des tâches, de la gestion ainsi que du soin à apporter aux plantes. Il s’agissait aussi de se familiariser avec les plantes utilisées en horticulture, en comparaison avec les connaissances botaniques acquises lors de ma formation. Le Jardin des Senteurs étant un établissement spécialisé dans les plantes aromatiques et utiles, il se prêtait particulièrement bien à l’accomplissement d’un stage dans le domaine de l’ethnobiologie.

La deuxième et principale partie de mon travail de stage a constitué à effectuer un travail de recherche sur un groupe de plantes, en l’occurrence les Verbénacées. Le choix de ce sujet a été établi d’un commun accord entre M. Détraz et moi-même. En effet, il se trouve que la famille des Verbénacées est fort riche en espèces aromatiques et utiles. Or M. Détraz m’a confié la difficulté qu’il avait eu à obtenir des informations détaillées au sujet de certaines plantes de cette famille, dont il possède quelques exemplaires. Nous avons donc décidé que mon travail constituerait à rechercher des informations concernant les plantes qu’il possédait déjà, mais aussi  de mettre en évidence d’autres plantes intéressantes de cette famille, qui nous avaient jusqu’à lors échappées et, si possible, de chercher à se les procurer. Le but final était de constituer un dossier, sous forme d’exposé et de fiches, qui pourrait être consulté (sur internet par exemple) par les clients du Jardin des Senteurs, désireux d’en savoir plus sur les plantes qui leurs sont proposées. Le but de mon travail n’était donc pas de fournir une liste exhaustive de toutes les Verbénacées utiles ou autre, ni de faire faire des descriptions botaniques de pointe, mais plutôt de présenter les traits généraux d’une famille de plantes ainsi qu’un certain nombre de ses membres caractéristiques, le tout dans un souci d’accessibilité au grand public. J’ai donc évité le plus possible de fournir des listes ou des détails trop techniques. Il fallait néanmoins clarifier quelques données (botaniques en particulier). Il règne en effet un certain flou concernant la dénomination de plusieurs espèces et leur classification.

Frédéric Sanchez

Ethnobiologie 3ème, septembre 2006, Pour l’Université de Neuchâtel

Les tomates

Les tomates

Petite histoire de la tomate

Un livre pourrait être écrit sur la ou les tomates, et par les quelques lignes qui suivent, je ne peux que faire un résumé de ce que l’on peut en dire.
Les peuples Incas cultivaient la tomate, dont les formes sauvages sont originaires des vallées montagneuses des Andes, bien avant que les conquistadores anéantissent totalement leur civilisation et le système agricole qu’ils avaient développé. L’agriculture de l’empire Inca fut, selon certains chercheurs, une des agricultures les plus prodigieuses du monde : elle produisait plus de 70 espèces alimentaires majeures, sur une étendue et dans des vallées dont l’altitude variait du niveau de la mer à plus de 4000 m. Les greniers de l’état abondaient d’aliments et constituaient, en moyenne, des réserves pour sept années ; ce faisant, l’agriculture Inca nous a ainsi légué de précieux dons.

tomate_1La tomate après de longs périples semés d’embûches linguistiques et de préjugés (son nom latin Lycopersicon signifie la pêche du loup !) est devenu un des symboles les plus éclatants des jardins familiaux cultivés avec amour et passion. Son nom actuel est dérivé de  » Tomatl « , terme du langage nahuatl du peuple Aztèque. De nos jours, la diversité dans les variétés de tomates est tout simplement extraordinaire !

Les tomates ont adopté toutes les couleurs de l’arc-en-ciel: elles peuvent être à maturité, blanches, jaunes, orange, roses, rouges, violettes, striées et même vertes. L’abondance de leurs formes est tout aussi généreuse: en cerises, poires, ovales, allongées comme des piments, côtelées, bien rondes, aplaties, en cœur de bœuf, en poivron, etc. Leur poids également peut varier de 10 grammes à près de 2 kg. Les noms des variétés sont très évocateurs de saveurs, d’esthétique, d’histoire et de géographie: ‘Douce de Picardie’, ‘Cœur de Bœuf’, ‘Rose de Berne’, ‘Noire de Crimée’, ‘Evergreen’, etc.
tomate_2Il est à noter – pour les incrédules – que des tests réalisés aux USA sur des tomates de couleurs différentes, mettent en valeur l’aspect suivant : lorsque les  » goûteurs  » n’ont pas les yeux bandés, ce sont les tomates rouges et rondes qui leur semblent les plus savoureuses, mais lorsqu’ils ont les yeux bandés, ce sont alors les tomates oranges qu’ils apprécient le plus.

Difficile de savoir combien de sortes ou variétés de tomates existent, plusieurs centaines, peut-être plus … toutes issues de croisements entre les huit espèces de bases et re-croisées de multiples fois jusqu’à ce que certaines variétés fassent le bonheur des chercheurs amateurs ou professionnels. Difficile aussi de savoir quelle tomate choisir car les choix sont du domaine de la subjectivité à savoir les formes, les couleurs, les saveurs. Les tomates se parent de quasiment toutes les couleurs de l’arc-en-ciel à l’exception du bleu clair ; de toutes les formes à l’exception de la forme carrée (plus faciles à ranger en cageots), que l’agro-industrie n’a pas encore réussi à bricoler, mais qui doit hanter l’esprit des biotechnologues. La palette des parfums et saveurs présente elle aussi de nombreuses surprises.

Référence

Terre de Semences (France) et ensuite l’Association Kokopelli oeuvrent depuis longtemps à la mise en valeur de la biodiversité alimentaire et les tomates constituent un de leurs domaines de recherche favoris; d’ailleurs, cette association a édité un livre « Les semences de Kokopelli » que nous ne pouvons que recommander aux amoureux de la terre et de ses fruits, riche d’histoires, d’explications génétiques, de descriptions de légumes et fruits divers ainsi que d’illustrations.  Afin de vous documenter au mieux, voici une référence qui vous permettra de visiter le site de Kokopelli , entre autre. A voir aussi pour les photos: sddelorm.free.fr-potager- tomate-variete.htm

Conseils de jardinage pour la tomate

Il faut d’abord déterminer l’utilisation de votre prochaine récolte: pour les salades; les conserves; les sauces; la conservation hivernale; pour le plaisir qu’ont vos enfants de les grignoter dans le jardin ou pour l’apéro! Ensuite, déterminer la longueur de la période « culture – récolte » en bonne connaissance de votre région, qui peut être plus ou moins favorable en raison du climat et de l’altitude ; car toutes les variétés ont des différences de durée de culture – connues de vos fournisseurs – et c’est d’une importance capitale pour vos récoltes tant attendues.

Enfin, dès que les risques de gelées matinales sont exclues (dès la deuxièmes quinzaine de mai, selon les régions) vient le moment de la plantation dans un sol bien fumé (avec du fumier) et autant que possible pas cultivé avec des tomates les deux à trois années précédentes (cette culture prend beaucoup au sol et l’épuise rapidement). Bien enterrer les plantes, le collet mis si possible à 10 cm au-dessous de la surface du sol (voir même jusqu’aux premières vraies feuilles), légèrement couchée pour favoriser l’apparition de racines supplémentaires et ensuite pour une meilleure croissance générale de la plante. Bien arroser pour assurer la reprise et ensuite régulièrement, mais toujours au pied de la plante afin d’éviter l’apparition de maladies que favoriserait un arrosage sur le feuillage. Un arrosage aérien fragilise aussi les plantes, en particulier lors des phases de floraison et de fructification.

La taille se discute et si les professionnels de l’agriculture l’utilise pour favoriser le rendement, simplement beaucoup de jardiniers amateurs laissent la plante pousser et lui apportent un support adapté à sa croissance, ce qui n’a absolument aucune influence sur la grosseur des fruits, car c’est la variété choisie qui détermine ce critère. L’enlèvement de feuilles ou de pousses peut même en cas de fort ensoleillement provoquer des brûlures aux fruits.

Enfin, les maîtres jardiniers, amoureux de la tomate considèrent que les deux pires ennemis de la tomate sont l’excès d’eau et l’excès de substances azotées.

Dernier conseil : lorsque l’espace du jardin le permet, il est vivement conseillé de planter entre les tomates des compagnes telles que les tagètes géantes nématicides Tagetes minuta ou des basilics. Beaucoup de plaisir!
tomate_3

Question goût enfin; le goût de la tomate est bien particulier et très variable, difficile à décrire. Il dure en bouche et on est dans l’acide et le sucré, jamais dans l’amer. La tomate est à cueillir bien mûre et est à manger rapidement; ce n’est pas un légume de garde. Environ 120 variétés se retrouvent dans nos cultures; il y en à donc pour tous les goûts … et de toutes les couleurs.
Eviter absolumment les variétés hybrides dites « Long Life » car chez elles, un gène empêche le processus de maturation de se réaliser; tout ceci pour avoir de « belle tomates bien fermes et rouges, longtemps sur les étals. Après récolte, ces tomates ne mûrissent jamais – même si elles se colorent – mais commencent à se décomposer de l’intérieur sans que cela ne se voie car les fruits restent fermes. Se sont des plantes-mensonges …

Les thyms

Les thyms

Nouvelle rubrique en préparation.
Merci de votre patience

Un peu de botanique:

Les thyms font partie du genre Thymus qui lui-même appartient à la grande famille de plantes aromatiques des Lamiaceae. Selon certains auteurs, ce genre comprend plus d’une centaine d’espèces dont l’aire de répartition originelle se situe dans le bassin méditerranéen pour s’étendre maintenant à l’Europe tempérée. Se sont des sous-arbrisseaux nains, très aromatiques qui croissent en touffes de 20 à 40cm de hauteur sur les coteaux secs et ensoleillés. Leurs feuilles sont sessiles, linéaires et à bords enroulés vers le dessous. De petites tailles, les fleurs sont généralement de couleurs rosées, groupées en petits capitules terminaux qui s’épanouissent de juin à octobre, selon les altitudes et climats.

thyms

Les « simples »

Jardin de monastère et de Moyen Âge

Potherbes

Les potherbes sont les plantes consommées principalement cuites dans un pot, constituant les potages et les potées. C’est dans ce bouillon d’herbes que le « vilain » trempait ses tranches de pain.

Le Capitulaire De villis (vers 795) mentionne neuf de ces plantes : les laitues – la roquette – le cresson alénois – la chicorée – la moutarde – la betterave – l’arroche – la blette ou arroche-fraise – les choux.

Il est vraisemblable que de nombreuses herbes de cueillette participent également au potage comme : le chénopode – la bourrache – la petite pimprenelle, et plus tard l’épinard.

D’autres plantes déjà utilisées au Moyen Âge se retrouvent ici avec les potherbes : le chénopode – le cardon – les diverses mauves – le pourpier et l’oseille.

Plantes maraîchères à racines

Ce groupe des « racines «  ou « tubérifères » comprend toutes les plantes dont la partie comestible est cultivée sous terre.

Le navet et le chou-rave interviennent autant dans le potage d’herbes que dans les racines, de même la carotte blanche et le panais. D’autres racines sont cultivées en tant que telles comme le raifort, la bardane, le chervis et la raiponce.

On en compte une dizaine dans le Capitulaire De villis, si on lui incorpore les bulbes alimentaires tels que l’ail, l’échalote et surtout l’oignon.

Aromates et condiments

Ce groupe contient les plantes qu’on emploie comme assaisonnement dans les préparations culinaires, ou comme médicaments dans les préparations pharmaceutiques. La frontière entre ces deux emplois est ténue, du moins à l’époque médiévale ! Ce qui fait que la plupart de ces plantes peuvent se retrouver aussi bien dans le Potager que dans le Jardin des Simples.

Le Capitulaire De villis cite pas moins de quinze espèces se rapportant à ce thème : le cumin, le romarin, le carvi, l’anis, l’ammi, le persil, l’ache, la livèche, l’aneth, le fenouil, la sarriette, la ciboule et la ciboulette, la coriandre ainsi que le cerfeuil.

D’autres simples communes peuvent y être ajoutées comme l’hysope et les thyms ainsi que la nigelle propagée par les grecs et les romains.

Le verger

Il semble qu’à l’origine des vergers, les fruitiers aient souvent été planté dans le cadre des monastères, particulièrement dans les vergers-cimetières. Le verger du cloître de Saint-Gall compte 13 arbres, évoquant le Christ et ses disciples au jardin de Gethsemani.

Dans son Capitulaire, Charlemagnes fait mention de treize véritables fruitiers : le pommier, le poirier, différents pruniers, le sorbier, le néflier, le châtaignier, le pêcher, le cognassier, le noisetier, le mûrier noir, le cerisier et le noyer ; auxquels s’ajoutent deux autres espèces ligneuses comme le laurier noble (pas assez rustique pour être planté ici) et le pin.

D’autres espèces , dont les fruits sont également comestibles, sont cultivées. C’est le cas de l’alisier, de l’aubépine, de l’épine-vinette, du cornouiller mâle, des framboisiers, du sureau rouge et dans le Midi, de figuiers et d’oliviers.

Il faut considérer que la plupart de ces arbres sont plantés essentiellement à des fins médicinales. Les fruits sont en effet particulièrement âpres et seule l’amélioration des variétés amènera l’habitude de les consommer.

Plantes et boissons

A part l’eau qui est sûrement la boisson principale mais pas toujours facile à obtenir propre en raison des multiples possibilités de souillures. « L’Eau-de-Vie » (apportée par la civilisation arabe) est réservée à des usages exclusivement médicinaux..

De nombreuses boissons fermentées existent comme le cidre, l’hydromel, la cervoise et le vin. Le Capitulaire De villis exige « de bonnes bières » des maîtres brasseurs. Les brasseries sont effectivement fréquentes dans les monastères bénédictins et une plante est liée à la cervoise, c’est le houblon.

La vigne enfin fournit le vin, qui est avec le pain, la nourriture par excellence du chrétien. Des herbes comme l’aspérule serviront à parfumer certains vins.

Plantes textiles et utilitaires

Le capitulaire de Charlemagnes retient deux espèces : la cardère à foulon et la garance. Mais de nombreuses autres espèces occupent les champs du Moyen Âge ; il s’agit du chanvre et du lin, connus pour l’utilisation de leurs fibres. La saponaire, elle, est « l’herbe à savon » utilisée en particulier pour dégraisser la laine du mouton, préalablement traitée à la cendre de bois.

Plantes tinctoriales

La teinture des textiles est à l’époque médiévale, une occupation importante. Elle s’effectue à l’aide d’animaux et de végétaux.

Les teintures végétales peuvent se classer en deux grands groupes. D’une part, on trouve les espèces apportant les couleurs proches du jaune : gaude et carthame, safran, nerprun fétide, serratule, genêt des teinturiers en font partie et d’autre part, les espèces donnant des couleurs nobles parce que plus rares comme le rouge et le bleu. C’est l’orcanette, la garance et le pastel qui donnent des teintures plus onéreuses, réservées aux habits d’apparat.

Herbes magiques

Certaines plantes cultivées furent, dès l’origine de l’utilisation des plantes, soumises à des pratiques spécifiques, souvent religieuses et parfois dans des buts moins avouables. Le souvenir des sorcières est tellement profond qu’il doit bien se rattacher à quelques réalités.

Magiques en raison de leurs pouvoirs, mystérieux à l’époque ; ce pouvoir est un pouvoir vénéneux sinon mortel. Il est « surnaturel » et a pu permettre aux « sorcières » qui utilisaient de telles plantes d’influer en bien ou en mal sur le cours des événements.

Aucune de ces espèces, naturellement, n’est recommandée dans le Capitulaire De villis …

Il s’agit des aconites, de la ciguë, du pavot, du doronic romain entre autres.

Plantes maléfiques

L’usage de ces herbes affectait l’état conscient des sorcières et leur conférait alors des pouvoirs prétendument surnaturels. Cela leur permettait de prophétiser, de jeter des sorts, de se transporter dans des lieux très éloignés pour y exercer leurs pouvoirs maléfiques.

C’est le sabbat ; sa préparation consistait à appliquer des décoctions derrière ou entre les cuisses, ce qui provoquait une sensation de lévitation ; tout ceci incitant ainsi la sorcière à enfourcher un balai qui représentait le moyen de voler ! Ces plantes se sont souvent révélées être en fait de puissants psychotropes.

La verveine officinale, le datura, la belladone et la jusquiame en font partie. La mandragore aussi, mais absente ici en raison de sa faible rusticité. L’alchémille y est présente en raison de l’intérêt marqué des alchimistes qui voyaient dans la rosée qu’elle recueillait une « eau céleste » pouvant les aider à préparer la pierre philosophale.

Les simples:

Ce terme de « simples » désignent des remèdes obtenus avec des plantes uniques par opposition aux préparations composées des apothicaires.

On les retrouve sous différents thèmes comme les panacées, les plantes de la théorie des signatures, les espèces soulageant les maux de ventre, les purges, les remèdes es fièvres, les herbes expectorantes, les vulnéraires ainsi que les plantes de femmes.

Attention toutefois, car les plantes indiquées et présentes ici correspondent à l’usage qui en était fait à l’époque. Il serait hasardeux, voir dangereux de vouloir se soigner avec ces herbes sans connaissances spécifiques.

Les panacées des simples

Certaines plantes ont au Moyen Âge, une réputation telle qu’elles auraient pu entrer aussi dans les herbes magiques, comme la pervenche ou l’aristoloche.

Leur utilisation est en fait essentiellement thérapeutique avec des vertus souvent multiples.

On y trouve aussi la bétoine, l’angélique, la sauge officinale et la sauge sclarée, le dompte-venin, la cataire, le soucis, le cynoglosse, le gattilier et les joubarbes.

Plantes et Signatures des simples

Paracelse, précurseur de la médecine moderne et un peu alchimiste fut aussi à l’origine –de part sa conception du type magique des relations entre l’univers qui nous entoure et le microcosme de notre organisme- de la recherche de relations étroites entre les caractères morphologiques des plantes et de leurs propriétés thérapeutiques supposées ; appelée la « théorie des signatures » ou « signes de la nature » déjà utilisée en Chine depuis des temps immémoriaux.

Nous trouvons ici la pulmonaire (censée soigner les maladies pulmonaires), l’hépatique présentant trois lobes comme le foie, le lamier blanc, la ficaire, la chélidoine et l’alkékenge.

Plantes des simples soulageant les maux de ventre

Au Moyen Âge, les « maux de ventre » sont classés tant bien que mal en catégories plus ou moins définies. Ils semblent être une préoccupation importante, et de nombreuses plantes sont désignées pour soulager ce troubles d’origines diverses.

Sept d’entre elles sont présentées dans le Capitulaire  De villis ; se sont : la balsamite, l’aurone, la menthe pouliot, la menthe aquatique, la menthe cultivée et la menthe sauvage, la tanaisie, le chardon-marie et le fumeterre.

Plantes des simples, les purges

Afin d’éliminer les humeurs en excès ; la médecine médiévale avait recours à la purge. De nombreuses plantes ont été utilisées à cet effet, en particulier des cucurbitacées. Mais il faut savoir que beaucoup de celles-ci sont toxiques à partir d’une certaine dose. On y trouve, l’épurge, la petite ésule (qui sont deux euphorbiacées), le ricin et l’asaret entre autres.

Plantes des simples, herbes des fièvres

L’origine des fièvres est mystérieuse au Moyen Âge, et on les considère alors comme une maladie à part entière. Souvent ces fièvres apparaissent de façons intermittentes. Certaines sont quotidiennes, voire tierces ou quartes.

L’aunée, la germandrée petit-chêne, la benoîte, la piloselle, le filipendule, la reine des prés et la petite camomille en font partie. Certaines sont encore utilisées, mais d’autres se sont révélées toxiques et leurs préparations désormais interdites.

Plantes des simples, herbes expectorantes

De nombreuses plantes sont indiquées dans les maladies respiratoires, mais beaucoup d’entre elles ont en fait de multiples usages. Il s’agit de la guimauve, des la molène, du marrube, de l’herbe aux chantres, de la réglisse.

Les simples vulnéraires

Pour beaucoup de plantes de ce groupe, se sont leurs propriétés astringentes qui sont bénéfiques ; celles-ci sont dues à la présence de tanins et ces simples désignait les remèdes cicatrisants.

La quintefeuille, l’argentine ou ansérine, le fraisier, l’aigremoine, l’épiaire des bois, les différents plantains, le millepertuis, l’herbe aux goutteux, la consoude officinale, la renouée des oiseaux et la bistorte font partie de ce groupe de plantes dites « vulnéraires ».

Les simples, plantes des femmes

Les formulaires médiévaux, souvent écrits par des hommes, font une large place aux remèdes et soins strictement féminins, alors que les domaines gynécologiques et obstétriques restent du seul ressort des intéressées.

Deux espèces seulement sont recommandées dans le Capitulaire De villis ; la rue et la sabine. Mais d’autres espèces sont aussi utilisées à ces effets, comme l’armoise commune, l’agripaume, la mélisse et le tamier. On sait maintenant que certaines d’entre elles contiennent de la thuyone et qu’à dose un peu trop forte, cela devient abortif.

Le Jardin de Marie

On trouve rassemblées dans le Jardin de Marie les fleurs qui étaient destinées à parer le jardin des presbytères, et dont la cueillette rythmait les fêtes liturgiques de ses offrandes de bouquets.

Sont reprises ici ces fleurs dans l’ordre où elles sont citées dans le capitulaire De villis, mais elles y sont peu nombreuses et d’autres, susceptibles de se rencontrer dans ce jardin bouquetier pourraient y être rajoutées. Il s’agit des lys blanc et martagon, des iris des marais et iris de Florence, des pivoines, fraxinelles, giroflées, glaïeuls, bleuets, œillets des chartreux, ancolies, violettes odorantes, croix de Jérusalem, roses trémières de différentes couleurs, acanthes et buis.

La Roseraie

Au XIIe siècle, l’Eglise va introduire la Rose dans les cérémonies. De couleur blanche, elle représente la sagesse monastique et constitue le symbole de pureté, alors que lorsqu’elle est rouge, elle symbolise la passion du Christ et celle des martyrs. La littérature courtoise dès la Renaissance va faire évoluer les choix de roses vers un lieu enchanteur surnommé roseraie.

La rose des Provins (Rosa gallica), présente dans le Capitulaire de Charlemagne et la rose de Damas sont les plus présentes à l’époque.

Les sauges

Les sauges

Au pays des Sauges, vous êtes chez la Reine des plantes
sauges_1Parée de toutes les vertus; de la divination aux multiples prodiges de la médecine amérindienne, de la médecine occidentale dès le XVe siècle à la cuisine actuelle, il ne fait aucun doute que la Sauge dut réaliser bien des miracles, sauver bien des vies (du latin Salvus = en bonne santé et Salvare = sauver) pour mériter qu’un tel savoir populaire soit transmis à travers tant de générations.

Un proverbe provençal affirme même :

« Qui a de la Sauge dans son jardin
n’a pas besoin de médecin »

Pour le botaniste, c’est une labiée maligne qui a su développer un piège pollinisateur par un subtil jeu de balanciers et dans lequel l’insecte maladroit se fait prendre à coup sûr.
sauges_2Enfin, ce genre comprend deux grand groupes pour environ 900 espèces.

  • les indigènes, peu représentées chez nous, car relativement bien connues dans les champs.
  • les exotiques dont nous vous présentons quelques belles étrangères originaires d’Afrique, de Chine et beaucoup d’Amérique centrale, du Mexique notamment.

    Dès l’antiquité, de Théophraste, Pline l’Ancien et Dioscoride au Moyen Âge; elle jouit d’une grande estime pour ses bienfaits thérapeutiques; et ses vertus sont reconnues par Walahfrid Strabon dans l’Hortulus ainsi qu’au XIIe siècle par Sainte Hildegarde. Au XVIe, les belle italiennes utilisent les graines de S.sclarea pour se nettoyer les yeux. Plus tard -et j’en oublie- Louis XIV se fait servir quotidiennement des infusions de sauges; et Nicholas Culpeper écrit en 1652 dans « Un médecin anglais » : « La sauge est un remède excellent pour stimuler et raffermir la mémoire, réchauffer et exciter les sens … » Au XVIIe, la sauge se fume, roulée en cigarette pour combattre l’asthme! et on lui trouvera encore d’autres propriétés comme : anti-sudorale, fébrifuge, contre la tuberculose et emménagogue dès 1938 avec la découvertes de substances proches des oestrogènes (déjà utilisée pour le traitement de la stérilité féminine à l’époque des dynasties égyptiennes, sous Ramsès notamment). Dès cette année, on lui trouve encore -et sans pour autant lui enlever ses vertus premières- de nombreuses autres propriétés comme: hypoglycémiante et des vertus stimulantes sur le système nerveux.

Plusieurs espèces partagent les mêmes substances, donc les mêmes propriétés que la sauge officinale : S.sclarea, S.viridis, S.pratensis, S.verbenacea et S.aethiopis pour ne citer que les espèces couramment utilisées ou spontanées dans nos régions; toxicité en moins car l’essence de sauge officinale est létale, ingérée ou en injection.

S.lavandula est signalée pour avoir des effets abortifs dès 1992 en raison de la présence d’acétate de sabinyl et démontré par des tests sur des souris. Des propriétés similaires ont été rapportées suite à l’ingestion par du bétail avec les espèces S.reflexa et S.coccinea.

En d’autres parties du monde, les sauges sont utilisées pour des raisons diverses : Les Amérindiens ont eu recours à trois utilisation traditionnelles propres à des espèces endémiques : le chia (S.columbariae en Californie, ou S.tiliafolia chez les Tarahumara du Mexique, ou encore S.hispanica et S.potus, toujours au Mexique). Les graines, mises à gonfler dans de l’eau, se transforme en un gel buvable qui est un  puissant dopant « une cuillère à soupe de graines serait suffisante pour assurer la subsistance d’un indien pendant un effort ou marche de 24 heures ». Les graines moulues de ces mêmes espèces entrent dans la composition du pinole (boisson des pauvres gens et des paysans à base de farine de maïs grillé, battue dans l’eau chaude ou froide ; seule ou mélangée à du cacao, du sucre, de la cannelle ou de l’achiote (graines de Bixia orellana)) et de l’atole (boisson en forme de bouillie, faite de farine de maïs délayée dans de l’eau bouillie).

Enfin, on ne peut passer à côté de S.divinorum dont les effets psychotropes de cette sauge ont fait sa notoriété chez les amateurs d’expériences parallèles. S.apiana, une espèce californienne mélangée à d’autres herbes est brûlée pour produire une fumée purifiante chez les Amérindiens. Dans la médecine chinois, S.miltiorhizza fait partie de la pharmacopée traditionnelle sous le nom de Danshen. D’autres espèces chinoises et indiennes sont également citées comme plantes médicinales, utilisées par des guérisseurs locaux (S.plejeba, S.przewalskii) entre autres.

En Afrique, les S.africana, S.aurea, S.chameleagna (ci-dessous)

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sont utilisées en infusions de façons similaires à S.officinalis contre les toux, bronchites, etc. Comme en Amérique et en Europe, certaines sauges sont brûlées comme désinfectant ou pour chasser la vermine : S.stenophylla, S.repens et S.runcinata.

S.repens et S.disermas sont utilisées comme analgésique en bains ou en lotion locale.

Les préférées du patron:

sauges_4les Salvia apiana, S.clevelandii, S.dorisiana, S.tingitana et S.elegans ‘Scarlett Pinapple’ aux parfums envoûtants d’ananas, d’autres fruits exotiques et de miel ou encore S.discolor (voir photo du haut) au puissant parfum de cassis et d’autres aux senteurs de pêches, certaines ont aussi de très fortes senteurs musquées. Les espèces citées ci-dessus sont toutes des espèces botaniques et nul doute que si vous vous penchez quelque peu sur elles, vous vous égarerez volontiers …       « Au Pays des Sauges » 

En exposition et en vente au détail dans notre Jardin des Senteurs, plus de 350 espèces et variétés de Sauges vous attendent pour une visite de mai à septembre; les meilleurs moments étant les mois de juillet et août. Et environ 40 nouvelles espèves et variétés ont fait leur apparition depuis cette année 2013 chez nous.

Les romarins

Les romarins

Un peu de botanique

Le romarin (Rosmarinus officinalis) est un arbrisseau de la famille des lamiacées; tout comme les menthes, basilics, sauges, origans et quantité d’autres genres odorants. Originaire du pourtour méditerranéen, en particulier sur sol calcaire dans les guarrigues. Il peut parfaitement être cultivé dans les jardins mais affectionne les endroits secs et chauds; il est rapidement limité en altitude. En effet, dans notre région du pied du Jura; sa limite viable est d’environ 600m. d’altitude au maximum. Il peut néanmoins y avoir des exceptions dues à des microclimats particuliers.  Situé dans un sol bien drainant, exposé au soleil et à l’abri de la bise (vent du nour-est), le romarin peut parfaitement survivre au-dessus de 600m. Par contre, il peut être mis en danger même à une altitude inférieure s’il est planté dans un sol ou les remontées d’eau peuvent se faire ou dans un sol mal aéré ou encore très exposé à la bise.

Le romarin peut facilement atteindre 1.50m de hauteur s’il est appuyé à une façade ou contre un mur bien exposé. La floraison se produit -selon les variétés- de janvier à octobre mais jamais pas en continu. Cela dépend du climat, du moment de la taille et … de l’âge du capitaine! Les couleurs de floraison sont assez variées pour un oeil exercé; cela va du blanc pur au bleu foncé en passant par le rose et toutes les nuances de bleu. Les formes aussi sont variées; du pyramidal au rampant, tous ont leur charme propre. Ses feuilles coriaces aussi se différencient par leur largeur (de très fines à relativement larges), leur couleur peut varier du vert sombre au gris-vert avec toujours la face inférieure de couleur blanchâtre.

Un romarin d’une autre espèce, Rosmarinus eriocalyx (R.eriocalyx subsp eriocalyx) est proposé chez les pépiniéristes collectionneurs. Son feuillage est grisâtre, légèrement tomenteux et est très odorant. Probablement un peu plus délicat au froid, il est originaire d’Algérie, du Maroc et du sud de l’Espagne.

Le romarin officinal est connu pour ses nombreuses vertus thérapeutiques et condimentaires. En phytothérapie, le romarin est réputé pour activer et faciliter les fonctions digestives. Considéré comme cholagogue, antispasmodique, antidépresseur entre autres. Son utilisation en parfumerie est ancienne et l’essence est obtenue par la distillation des sommités fleuries.

Il contient les huiles essentielles suivantes: bornéol, camphène, camphre, cinéol (eucalyptol) et pinène. Selon les diverses variétés présentées ci-après, certaines contiennent plus d’uiles essentielles que d’autres; ce qui les rend +/- utiles pour les différentes applications culinaires, aromatqiues ou thérapeutiques.

Quelques 70 variétés sont en collection au jardin et presques toutes sont en vente chez nous ou sur les fêtes aux plantes auquelles nous participons.

Une petite sélection du Jardin des Senteurs

Les romarins les meilleurs en couvre-sol:

  • Rosmarinus officinalis ‘Baie de Douarnenez’
  • Rosmarinus officinalis ‘Boule’
  • Rosmarinus officinalis var repens

Les romarins les plus aromatiques:

  • Rosmarinus officinalis ‘Tuscan Blue’

Les romarins les plus vigoureux:

  • Rosmarinus officinalis ‘Gorizia’
  • Rosmarinus officinalis ‘Miss Jessop’s Upright’
  • Rosmarinus officinalis ‘Tarentinus’
  • Rosmarinus officinalis ‘Tuscan Blue’

Le plus résistant au froid, mais sans miracle!

  • Rosmarinus officinalis ‘Arp’

Les romarins par couleurs de floraison:

  • blanc pur
  • Rosmarinus officinalis ‘Alba’ ou R. officinalis var albiflorus
    rose
  • Rosmarinus officinalis ‘Majorcan Pink’
  • Rosmarinus officinalis ‘Roseus’
  • Rosmarinus officinalis ‘Vicomte de Noailles’
    bleu clair
  • Rosmarinus officinalis ‘Boule
  • Rosmarinus officinalis ‘Gorizia’
  • Rosmarinus officinalis ‘Miss Jessop’s Upright’
  • Rosmarinus officinalis ‘Sissinghurst’
  • Rosmarinus officinalis ‘Tuscan Blue’
  • Rosmarinus officinalis var repens bleu vif
  • Rosmarinus officinalis ‘Baie de Douarnenez’
    bleu foncé
  • Rosmarinus officinalis ‘Corsican Blue’

Les menthes

Les menthes

Juste un peu de botanique …

Les menthes appartiennent au genre Mentha qui comprend plusieurs espèces. Elles font partie de la grande famille des lamiacées; tout comme les basilics, sauges, romarins, sariettes, origans et marjolaines, agastaches et beaucoup d’autres plantes aromatiques. Certaines plantes surnommées « menthe » n’en sont tout simplement pas comme la menthe-coq (Tanacetum balsamita, une astéracée comme la marguerite!) dont elle n’a que l’odeur ou certaines menthes dites de montagne (Pycnanthemum d’Amérique du Nord ou la Calamintha grandiflora) ou encore certains Micromeria que l’on trouve des Iles Canaries jusqu’en Chine. Certaines Monarda, originaires d’Amérique du Nord faisant elles aussi partie de la grande famille des labiées se déguisent en menthe. La menthe à chat Nepeta cataria, proche parente des menthes est un puissant aphrodisiaque pour certains chats (son odeur rappelle les phéromones félines). Elles seraient frivoles, même un peu libertines! Figurez-vous que seules 8 véritables espèces sont recensées en Europe alors que les hybrides se comptent par centaines … Ce constat vaut pour la planète entière; en effet, pour 25 à 40 espèces reconnues, il existerait plus de 1200 hybrides!

Ce genre est un véritable casse-tête pour les botanistes car en plus des hybridations multiples, s’ajoute un grand polymorphisme au sein de chaque espèce.

… et de mythologie

On raconte que Hadès (Pluton chez les romains), dieu des Enfers n’était pas à un vice près. Il aimait parcourir la campagne à la recherche d’amourettes. Lorsqu’il vit la nymphe Mintha pour le première fois, il eut un coup de foudre. Normal pour le dieu des Enfers! Malheureusement pour la nymphette, Perséphone, la légitime d’Hadès apprit rapidement les frasques de son époux et pour se venger; elle ne trouva rien de mieux que de tuer la jeune maîtresse. Hadès rongé par le chagrin, transforma Mintha en plante, en plante ordinaire mais avec un parfum de nymphe; continuant par cela à titiller les sens des hommes, tous sexes confondus! L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais non. Déméter, la belle-mère, n’appréciant pas que sa fille soit trompée rendit Mintha stérile, condamnant ainsi la plante à se reproduire par ses longues tiges rameuses. Quand on connait le nombre d’hybridations qui ont lieu dans le genre Mentha, on se rend vite compte que Déméter n’a pas réussi son coup!

Quelques menthes

  • Mentha aquatica (M.hirsuta), menthe aquatique ou menthe rouge à feuilles vertes, brillantes, lisses d’odeur très agréable; peut-être la plus parfumée des espèces indigènes mais assez rare. Se trouve en zones humides; n’aime pas les sols calcaires, jusqu’à 1700m. Europe, Asie occidentale, Afriuqe septentrionale, Afr.australe, Amérique …
  • Mentha arvensis , menthe des champs ou menthe sauvage. Feuillage velu à odeur forte et agréable, bout des tiges feuillé. Fréquente les prairies humides et grimpe jusqu’à 1500m. Europe sauf les plaines méditerranéennes, Europe occidentale, Scandinavie, Asie occidentale et boréale.
  • Mentha asiatica
  • Mentha australis
  • Mentha canadensis
  • Mentha cervina (Preslia cervina), la preslie des cerf, cette menthe surprend par son allure de sariette. Son odeur forte et pénétrante ne laisse aucun doute sur son identité. Typiquement méditerranéenne, zones humides du pourtour méditerranéen.
  • Mentha cervina ‘Alba’ (Preslia cervina), la même mais en blanc
  • Mentha cunninghamii
  • Mentha dahurica
  • Mentha diamenica
  • Mentha gattefossei
  • Mentha grandiflora
  • Mentha haplocalyx
  • Mentha japonica
  • Mentha kopetdaghensis
  • Mentha laxiflora
  • Mentha longifolia (M.silvestris), menthe à longues feuilles; jusqu’à 1.20m, son odeur est forte et ses feuilles elliptiques sans pétioles lui ont valu son nom, recouvertes d’un dense duvet de poils, elles sont d’un gris-vert laineux et franchement blanchâtre sur le dessous. Odeur prononcée et agréable, utilisée en cuisine et pharmacopée. Vit en lieux frais et humides en Europe, Asie occidentale jusqu’en Inde, Afrique septentrionale et australe jusqu’à 1900m.
  • Mentha micrantha
  • Mentha pulegium, menthe pouliot ou pouillot, herbe de St-Laurent. Espèce  basse, 40cm maximum, petites feuilles peu velues. Confusion possible avec M.arvensis mais s’en distingue avec son port plus étalé. Europe, Asie occidentale, Afrique septentrionale et Amérique; rarement au-dessus de 500m.
  • Mentha requienii, menthe corse, menthe mousse. Si petite qu’il faut une loupe pour l’observer. Elle forme de petits coussinets à très forte odeur de menthe. Elle ne tient malheureusement pas assurémment l’hiver dans nos contrées du pied du Jura. Elle est spontanée en Italie, Corse, Sardaigne, Portugal.
  • Mentha rotundifolia (M.suaveolens, M.insularis), menthe à feuilles rondes. Une habituée des prairies fraiches, ses tiges et ses feuilles sont couvertes d’un duvet de poils. Odeur forte mais peu agréable, une confusion est possible avec M.spicata dont elle se distingue par l’odeur et des poils fourchus sur la face inférieure des feuilles. Europe, Afrique septentrionale.
  • Mentha satureioides
  • Mentha spicata (M.viridis, M.crispa, M.crispata, M.silvestris), la menthe verte. Odeur très agréable; originaire des montagnes, elle a conquis la plaine entière; grandes feuilles vertes, dentées et lisses. Une des plus cultivée. Spontanée dans nos montagnes en lieux humides, Europe centrale, Algérie, Canaries, …
  • Mentha spicata ‘Crispa’, la menthe crispée est souvent considérée comme une espèce, mais c’est bien une menthe verte et crispée, aux feuilles à demi renfermées
  • Mentha spicata ‘Nanah, la menthe marocaine typique et de référence. Feuilles gaufrées d’un beau vert vif; elle est originaire …   du Liban !
  • Mentha spicata ‘Vintimille’, menthe ‘Vintimille’; son parfum est moins entêtant que sa soeur ‘Nanah’ et elle supporte mieux les grandes chaleurs
  • Mentha x carinthiaca (M.arvensis x M.rotundifolia), feuillage très variable, peu dentées, recouvertes d’un duvet. Présente là o`ses parents habitent!
  • Mentha x gentillis (M.arvensis x M.spicata), la menthe noble. Tiges souvent teintées de rougeâtre, jusqu’à 100cm, feuilles velues allongées. Très répandu dans toute l’Europe occidentale.
  • Mentha x piperita (M.aquatica x M.spicata), la menthe poivrée est une espèce subspontanée échappée des jardins. Odeur franchement piquante et aspect très polymorphe. Les variétés ‘Mitcham’ en font partie. Les var. les plus utilisées en herboristerie: ‘Hongrie’, ‘Milly
  • Mitcham’, ‘Maine-et-Loire’, ‘Mitcham Ribécourt’ et les plus utilisées en distillation: ‘Hongrie’, ‘Mitcham Ribécourt’, ‘Le Chaffau-Digne’, ‘Turin’ et ‘Pessione
  • ‘Mentha x piperita var carinthiaca, larges feuilles parfumées à l’orange, tiges rouges et odeur entêtante
  • Mentha x piperita var citrata, les menthes citronnées et les variétés ‘Bergamotte’ odeur d’agrumes très prononcé, ‘Chartreuse’ subspontanée dans la vallée du même nom, elle y doit son nom pour sa aprticipation à la célèbre liqueur, ‘Basilic’ avec un joli parfum de basilic, ‘Orange’ sont dans ce groupe
  • Mentha x piperita var neploides, une des menthe poivrée les plus douce
  • Mentha x smithiana (M.rubra, M.spicata x M.verticillata), la menthe rouge avec son odeur piquante et très fraiche de sirop à la menthe. Jusqu’à 1.50m, fréquente dans les fossés, talus et friches.
  • Mentha x verticillata (M.arvensis x M.aquatica), menthe verticillée, plus velue et plus robuste que M.arvensis, généralement stérile. Commune là où ses parents existent.
  • Mentha x villosa (M.x rotundifolia; M.rotundifolia x M.longifolia), menthe velue; se distingue de M.rotundifolia par ses feuilles ovales et peu gaufrées, ne dépasse pas 80cm.

    Les menthes sont vivaces. Dès que l’une d’elles s’implante en terre inconnue; elle n’a de cesse de s’étaler et de conquérir ce sol inexploré. La puissance de son appareil végétatif souterrain est une garantie de survie pour ses nombreux hybrides stériles. Elle supporte bien la taille et les prélèvements fréquents, un sol humide et de préférence à mi-ombre.

Pour l’empêcher de conquérir votre jardin par ses rhizomes, il suffit de la planter en bac, seau ou vieilles seilles percés. Une barrière à rhizomes pour bambous fait aussi l’affaire. La menthe ne reste jamais à l’endroit où on l’a planté ! Il faut le savoir, même en pot; plantée au centre on la retrouvera sur les bords, elle cherche à s’échapper.

La menthe est l’une des plantes médicinales les plus célèbre. Elle aurait des vertus digestives, carminatives, antiseptiques, toniques et stimulantes. La plus utilisée en phytothérapie est la menthe poivrée car elle renferme de 44 à 83% de menthol à l’origine de cette fraicheur, plus pauvre en menthol, la menthe verte est plus facilement utilisée en cuisine.

La fameuse menthe dite « marocaine » est à rechercher dans les diverses variétés de menthes vertes ou de menthes à feuilles rondes; car il n’y a pas une  menthe marocaine, mais bien plusieurs selon les régions et les goûts …

Peu attaquée par les parasites, il faut signaler tout de même la rouille et les pucerons. En incorporant à l’eau d’arrosage des purins d’ortie et de consoude, alternativement, on limitera ces phénomènes. A noter aussi qu’associée aux cultures de choux, la menthe poivrée les protège de la piéride.

Sources: « Parfum de Menthe », de Bernard Bertrand, collection Le Compagnon Végétal aux éditions du Terran
Wikipedia

Lavandes & lavandins

Lavandes & lavandins

Un peu d’histoire de cette plante millénaire

Venue sans doute de Perse ou des Canaries, la lavande pousse en Provence depuis des siècles. C’est là sur ces hautes terres qu’on la rencontre, là où le climat favorise la quintessence de ses propriétés. Le mot « lavande » aurait été créé au Moyen Age d’après le verbe latin « lavare ». Pendant la révolution française, il y avait un monastère à Ligières dont tous les moines avaient été chassés. Ils sont allés se réfugier en Angleterre. Ce faisant, ils ont emporté des plants de lavande avec eux et c’est l’origine de la célèbre lavande anglaise.

Lavande ou lavandin, un peu de botanique

Si le néophyte confond et regroupe ces deux espèces sous le terme générique de « lavande », il est cependant nécessaire de bien les différencier au point de vue botanique mais également au plan des marchés et utilisations.

La lavande à feuilles étroites -Lavandula angustifolia (L.officinalis)- a des hampes florales fines et l’épi floral est toujours unique sur la hampe. A l’état sauvage, cette lavande est commune à tout le bassin méditerranéen, mais c’est surtout en Haute-Provence qu’elle trouve son lieu de prédilection. C’est une plante qui aime les sols calcaires et secs; elle pousse à partir de 600m et peut aller jusqu’à une altitude voisine de 1800m. Elle supporte remarquablement bien le froid.

Son système de reproduction est sexué et chaque graine donne un plant, puis une touffe particulière. C’est ce qui explique les différences de taille, de forme d’épis floraux et de couleurs qui peuvent varier du mauve au violet et du blanc au rose. Puisque chaque touffe est typique, des sélections sont faites sur des individus qui conviennent à ce que l’on veut en faire, soit pour la bouquetterie, les rendements en esssences, les couleurs d’épis ou autres et des bouturages sont ensuite effectués sur les sélections intéressantes. Ce procédé permet ainsi d’assurer une uniformité de la culture.

Ses variétés sont multiples et ci-dessous, vous trouverez ainsi que dans notre catalogue, une liste des variétés que l’on trouve sur le marché pour une utilisation purement ornementale. Pour les huiles essentielles, le chois est un peu plus étroit et c’est surtout ‘Maillette’ et ‘Matheronne’ qui sont utilisées actuellement.

La lavande à feuilles larges -Lavandula latifolia- a tout d’abord été baptisée L.spica tout comme la lavande à feuilles étroites (L.angustifolia) par Linné en 1753. Il faudra attendre Bauhin pour avoir une distinction entre ces deux lavandes. L.vera deviendra ensuite L.angustifolia et L.spica deviendra L.latifolia.

Le lavandin -Lavandula x intermedia- est né de l’hybridation naturelle entre la lavande vraie Lavandula angustifolia et la lavande spic ou aspic Lavandula latifolia. On le trouve naturellement aux zones de contact des deux espèces parentales, c’est-à-dire entre 400 et 600 mètres. Les « lavandes bâtardes » citées par les anciens étaient déjà ces fameux lavandins. Sa reproduction se fait par bouturage et ses carctéristiques sont intermédiaires à ses deux parents.

  • épillets secondaires moins piquants que chez L.latifolia mais plus que chez L.angustifolia qui n’en possède jamais
  • essence moin forte que L.latifolia à forte teneur en camphre, et moins fine L.angustifolia qui ne contient pas de camphre.
  • du fait du croisement, vigueur supérieure des touffes ainsi qu’en épaisseur et longueur des hampes florales, système radiculaire étendu donnant une grande résistance à la sécheresse.
  • rendement en essence élevé pouvant aller de 3 à 10 fois celui obtenu avec L.angustifolia !

Actuellement, plusieurs variétés de lavandins sont cultivés: ‘Abrial’, ‘Grosso’, ‘Super’ et ‘Sumian’.

Quelques autres espèces:

  • Lavandula abrotanoides, originaire des Canaries
  • Lavandula angustifolia (L.spica par confusion, L.officinalis, L.vera),
  • lavande à flles étroites, lavande officinale, lavande vraie, lavande femelle
  • Lavandula angustifolia subsp pyrenaica,
  • Lavandula angustifolia var. delphinensis, possède des rameaux plus grêles que l’espèce, flles plus foncées, parfum moins fin
  • Lavandula angustifolia var. fragrans, rameaux courts et rigides, flles plus grandes et plates, hampes florales flexueuses et parfum discret
  • Lavandula antinea, orig. du Sahara, connu dès 1929
  • Lavandula aristibracteata, orig. d’Arabie, connu dès 1985
  • Lavandula atriplicifolia, orig. du sud de l’Arabie, Egypte et Ethiopie, connu dès 1848; ses fleurs sont jaunes et ses feuilles entières et lobées
  • Lavandula bipinnata, orig. du centre et sud de l’Inde, connu dès 1891
  • Lavandula brevidens, orig. du bassin méditerranéen, Afrique du Nord, Iles du Cap Vert et Madère, connu dès 1929
  • Lavandula buchii, orig. du bassin méditerranéen, Afrique du Nord, Iles du Cap Vert et Madère, connu dès 1848
  • Lavandula canariensis (L.abrotanoides, L.stoechas abrotanoides, L.multifida subsp canariensis), lavande canarienne, orig. des Iles Canaries, connu dès 1768
  • Lavandula citriodora, originaire d’Arabie dès 1985
  • Lavandula coronopifolia (L.stricta), orig. du bassin méditerranéen, Afrique du Nord, Iles du Cap Vert et Madère, connu dès 1813
  • Lavandula dentata (L.stoechas dentata, L.santolinaefolia, L.stoechas secunda), lavande dentée, lavande anglaise, orig. « Angleterre », Espagne et Maghreb, Iles atlantiques, connu dès 1753
  • Lavandula dhofarensis, orig. de Dhofar, connu dès 1985
  • Lavandula foliosa, orig. du bassin méditerranéen, Afrique du Nord, Iles du Cap Vert et Madère, connu dès 1888
  • Lavandula galgalloensis, orig. d’Arabie, connu dès 1985
  • Lavandula gibsonii, orig. du centre et sud de l’Inde, connu dès 1839
  • Lavandula hasikensis, orig. d’Oman et Dhofar, connu dès 1848; ses épis sont très courts et ses feuilles ressemblent à des feuilles de chêne
  • Lavandula lanata (L.spica var. tomentosa), lavande laineuse connue dès 1838
  • Lavandula latifolia (L.spica), lavande aspic, lavande mâle, « Aspic » connue dès 1787
  • Lavandula macra, orig. d’Arabie, Socotra et Somalie, connu dès 1894
  • Lavandula mairei, orig. du bassin méditerranéen, Afrique du Nord, Iles du Cap Vert et Madère, connu dès 1927
  • Lavandula maroccana, orig. du bassin méditerranéen, Afrique du Nord, connu dès 1922
  • Lavandula minutolii, orig. du bassin méditerranéen, Afrique du Nord, Iles du Cap Vert et Madère, connu dès 1860
  • Lavandula multifida (L.pinnatifida), orig. Espagnes et Baléares, connu dès 1753
  • Lavandula nimmoi, orig. d’Arabie, Socotra et Somalie, connu dès 1848
  • Lavandula pedunculata (L.stoechas subsp pedunculata), lavande papillon, orig. du bassin méditerranéen, Asie mineure, Afrique du Nord et Iles atlantiques, sols acides, silicieux ou argilo-calcaire et auvres, connu dès 1802
  • Lavandula pinnata (L.pinnatifida), lavande pennée, orig. des Canaries et de Madère, connu dès 1780
  • Lavandula pubescens, orig. du bassin méditerranéen, Afrique du Nord, Iles du Cap Vert et Madère, connu dès 1834
  • Lavandula pyrenaica, originaire des Pyrénées
  • Lavandula rotundifolia (L.apiifolia, L.stoechas rotundifolia), lavande à feuilles rondes, orig. des Iles du Cap Vert et Madère, connu dès 1860
  • Lavandula setifera, orig. d’Arabie, Socotra et Somalie, connu dès 1860
  • Lavandula somaliensis, originaire de Somalie, connu dès 1937
  • Lavandula stoechas (L.officinarum, L.stoechas arabica), lavande à toupet, lavande maritime, lavande des Maures, orig. du bassin méditerranéen, Asie mineure, Afrique du Nord et Iles atlantiques en sols acides et schistes, connu dès 1753
  • Lavandula stoechas subsp leucantha (L.stoechas forma leucantha), sols acides et schistes
  • Lavandula subnuda, orig. d’Arabie, Socotra et Somalie, connu dès 1848
  • Lavandula tenuisecta, orig. du bassin méditerranéen, Afrique du Nord, Iles du Cap Vert et Madère, connu dès 1875-78
  • Lavandula viridis (L.stoechas subsp viridis), orig. du bassin méditerranéen, Asie mineure, Afrique du Nord et Iles atlantiques, sols acides et schistes, connu dès 1788
  • Lavandula x allardii (L.dentata x L.latifolia), connu dès 1890
  • Lavandula x heterophylla (L.dentata x L.angustifolia)

Les lavandes par variétés:

  • lavandes :
  • ‘Bleu Velours Charles’ ou ‘Bleu Velours Paul’ ont des calices violines, veloutés, corolle mauve pour la première et bleue pour la seconde
  • ‘Delphine’, calice mauve clair velouté port compact
  • ‘Edith’, rose foncé, port compact
  • ‘Flocon’ (‘Edelweiss’), blanche au port compact
  • ‘Hidcote’ (‘Hidcote Blue’), bleu foncé au feuillage gris-argent, compact et touffu, 55cm
  • ‘Jardin des lavandes’ calice bleu marine et corolle mauve, longues tiges
  • ‘Luberon’, mauve lumineux à fragrance légère, feuillage gris-cendré, fournis et parfumé
  • ‘Lumière des Alpes’, calice violine et corolle mauve, tiges très longues et feuillage vert-cendré
  • ‘Mélancolie’ (L.angustifolia argentea), lavande grise, fleurs gris-mauve au feuillage vert-cendré, compact
  • ‘Munstead’ (‘M.Dwarf’, ‘M.Blue’), infolrescences épaisses et mauves claires, feuillage gris-vert, 35-45cm
  • ‘Nana alba’ (‘M.Dwarf White’), fleurs blanches, feuillage gris vert-cendré, nain et compact, 30cm
  • ‘Nana compacta’, fleurs mauves, feuillage gris, 50cm
  • ‘Rêve de Jean-Claude’ (‘Rêve’), fleurs mauves, très parfumées, feuillage gris-cendré, très fournis, 60cm
  • ‘Twickel Purple’, mauve foncé, précoce et unifère, feuillage vert-cendré, 45cm
  • ‘Manon des lavandes’, rose au feuillage vert-cendré, port compact
  • rosea ‘Fanny’, rose, port compact, touffu